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Hotte en appartement : peut-on la raccorder à une VMC collective ?

29 août
5 min de lecture

Vous rénovez votre cuisine en appartement et une bouche de VMC se trouve justement à proximité de la future hotte ?


Sur le papier, l’idée paraît presque évidente : une hotte aspire de l’air, la VMC évacue de l’air… autant raccorder les deux.


Eh bien non.


Et c’est typiquement le genre de détail technique qu’il vaut mieux découvrir avant la pose de la cuisine qu’une fois les meubles installés.


Peut-on raccorder une hotte à une VMC collective ?


Dans le cas d’une hotte individuelle équipée de son propre ventilateur, la réponse est non.


La réglementation française est particulièrement claire sur ce point. L’article 14 de l’arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements précise qu’un dispositif mécanique individuel, comme une hotte de cuisine équipée d’un ventilateur, ne peut pas être raccordé à une installation collective de sortie d’air, qu’elle fonctionne mécaniquement ou par tirage naturel.


Autrement dit :

la bouche de VMC située dans votre cuisine n’est pas une sortie d’évacuation disponible pour votre hotte.


Elle appartient au système de ventilation du logement et, lorsqu’il s’agit d’une VMC collective, au fonctionnement général de l’immeuble.


Pourquoi ce raccordement pose-t-il problème ?


Une VMC collective est dimensionnée pour assurer le renouvellement de l’air des logements selon un fonctionnement et des débits déterminés.


La réglementation prévoit notamment des sorties d’air dans les pièces dites « de service », parmi lesquelles la cuisine, la salle de bains et les WC.


Une hotte possède, elle, son propre moteur et peut déplacer une quantité d’air importante lorsqu’elle fonctionne.


La raccorder directement au réseau collectif revient donc à injecter dans une installation qui n’a pas été prévue pour cela les flux d’air aspirés pendant la cuisson, ainsi que des particules grasses et des odeurs.


Cela peut notamment contribuer à perturber le fonctionnement du réseau collectif et à transporter des odeurs ou des dépôts dans les conduits.


C’est précisément pour éviter qu’un équipement individuel ne vienne modifier le fonctionnement d’un équipement collectif que la réglementation interdit ce raccordement.


Alors, quelle hotte choisir dans un appartement ?


Il existe principalement deux solutions.


1. Une hotte avec une évacuation indépendante vers l’extérieur


C’est le principe le plus simple à comprendre : la hotte aspire l’air au-dessus de la zone de cuisson, retient une partie des graisses grâce à son filtre puis rejette l’air vers l’extérieur par son propre conduit.


Ce conduit est totalement indépendant de la VMC collective.


L’ADEME indique d’ailleurs que lorsqu’une hotte rejette l’air à l’extérieur, elle doit disposer d’un conduit d’air spécifique.


C’est également une configuration valorisée dans le référentiel technique HQE Residential de CERQUAL Qualitel Certification, qui prévoit notamment la présence en cuisine d’un conduit d’extraction indépendant de celui de la VMC pour permettre le raccordement éventuel d’une hotte.


Mais en copropriété, il ne suffit évidemment pas de sortir la perceuse et de traverser la façade.


2. Une hotte à recyclage


Lorsqu’aucune évacuation indépendante vers l’extérieur n’existe ou ne peut être créée, le recyclage est généralement la solution adaptée.


Le principe est différent.


L’air aspiré par la hotte passe d’abord à travers un filtre à graisses, puis à travers un système de filtration des odeurs (généralement à charbon actif) avant d’être renvoyé dans la pièce.


Il n’y a donc aucun raccordement à la VMC collective et aucun rejet vers l'extérieur.


C’est une solution courante en appartement. Les fabricants proposent aujourd’hui de nombreux appareils pouvant fonctionner soit en évacuation, soit en recyclage, selon leur configuration et les accessoires installés.


Attention toutefois : une hotte à recyclage ne remplace pas la VMC du logement. Les deux équipements remplissent des fonctions différentes.


J’ai déjà un trou d’évacuation dans ma cuisine : puis-je l’utiliser ?


Peut-être.


Mais avant de raccorder quoi que ce soit, encore faut-il savoir où mène réellement ce conduit.


Une sortie visible dans une cuisine peut correspondre à une ventilation collective, à un ancien conduit, à une évacuation indépendante prévue pour une hotte ou à une autre configuration technique.


Le diamètre d'un conduit ou sa proximité avec la zone de cuisson ne permettent pas, à eux seuls, de connaître sa destination.


La bonne question n’est donc pas :

« Est-ce que ma hotte rentre dans ce trou ? »


Mais plutôt :

« À quoi ce conduit est-il destiné ? »


Plans techniques du logement, règlement de copropriété, informations du syndic, documentation du constructeur ou vérification par un professionnel permettent de lever le doute.


Et si je veux créer une nouvelle évacuation extérieure ?


C’est possible dans certaines configurations, mais le sujet dépasse alors le simple choix d’une hotte.


Dans un immeuble en copropriété, créer une sortie traversant une façade peut affecter une partie commune ou l’aspect extérieur de l’immeuble.


Les travaux réalisés par un copropriétaire et affectant les parties communes ou l’aspect extérieur doivent faire l’objet d’une autorisation de la copropriété selon les règles applicables. L’ANIL cite notamment les travaux affectant l’aspect extérieur parmi ceux nécessitant une autorisation de l’assemblée générale.


Il faut donc vérifier le règlement de copropriété et consulter le syndic avant d’engager les travaux. Selon la nature de la modification, d’autres formalités peuvent également être nécessaires.


Attention aux installations prévues dès la construction


Il existe une nuance importante.


Certains bâtiments disposent de systèmes spécifiques conçus dès l’origine pour associer l’extraction de la cuisine au dispositif de ventilation. L’arrêté de 1982 envisage lui-même le cas où une hotte est, « de construction », raccordée à l’extraction de la cuisine.


Cela ne signifie pas que l’on peut raccorder soi-même une hotte motorisée classique sur une VMC collective.


Au contraire, l’article 14 interdit explicitement le raccordement d’un dispositif mécanique individuel au réseau collectif.


Si votre résidence possède un système particulier prévu dès sa construction, il faut donc respecter ses prescriptions techniques et utiliser les équipements compatibles.


Les 4 vérifications à faire avant de commander sa hotte


Avant de choisir le modèle uniquement parce qu’il est beau sur la photo, vérifiez :

  • si le logement possède ou non une véritable évacuation indépendante dédiée à la hotte ;

  • si la bouche existante appartient à une VMC collective ;

  • si une évacuation extérieure peut être créée et, en copropriété, si elle peut être autorisée ;

  • si aucune évacuation n’est disponible, que la hotte choisie est bien compatible avec une installation en recyclage.


Ce sont quelques vérifications assez simples.


Mais elles peuvent éviter de découvrir, le jour de la pose, que la hotte à évacuation soigneusement sélectionnée… n’a finalement nulle part où évacuer.


Le détail technique qui peut modifier tout un projet cuisine


Une cuisine équipée ne se résume pas au choix des façades, du plan de travail ou de l’électroménager.


Électricité, plomberie, ventilation, évacuations, contraintes de copropriété et implantation des appareils doivent être cohérentes avec le projet imaginé.


Et une simple bouche de ventilation mal interprétée peut suffire à remettre en cause le modèle de hotte, son implantation, les meubles hauts et parfois même une partie de la conception.


C’est précisément pour cela qu’un projet cuisine mérite d’être regardé dans son ensemble.


Parce qu’une belle cuisine, c’est bien.


Une belle cuisine qui ne parfume pas tout l’immeuble au curry, c’est encore mieux.



Hotte et VMC collective en appartement : que dit la réglementation ?

SOURCES : Légifrance / arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements, ADEME, ANIL et CERQUAL Qualitel Certification.


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